
Sous le règne du roi Sejo de la dynastie Joseon, un interprète officiel avide et sans scrupule nommé Jyung Hwa, organisa un plan pour gagner de l’argent à bon compte, lors d’une vente de Ginseng.
Intégré à une mission diplomatique envoyée en Chine, il avait l’intention d’escroquer des acheteurs naïfs en fourguant du faux Ginseng ; il avait comblé le panier de tubercules blancs sans valeur, et recouvert le tout de quelques racines de vrai Ginseng, pour donner le change.
Arrivé en Chine, lors de la transaction finale avec l’acheteur, on souleva le couvercle du panier et tout le monde constata que la totalité de la marchandise avait été transformée en racines sans valeur. Accusé d’escroquerie, l’interprète Jyung Hwa fut condamné à l’exil. C’est le pouvoir surnaturel du Ginseng qui avait permit cette transformation afin que la vérité éclatât. L’expression " Ginseng de Jyung Hwa " perdure jusqu’à nos jours entre commerçant de Ginseng, comme principe d’honnêteté.
Depuis plus de 2 millénaires, le ginseng (Insam ou Shim en coréen) considéré comme un trésor, est utilisé dans la médecine extrême orientale, pour ses vertus tonifiantes et adaptogènes. Capable de stimuler la santé défaillante de personnes gravement malades, il a été rapidement recherché pour ses mystérieux pouvoirs de régénération, de gardien de la Jeunesse et de la Vie. C’est en raison de ses caractéristiques exceptionnelles qu’il a souvent été utilisé comme valeur commerciale de première importance, et donc comme atout politique et stratégique, dans les échanges entre La Chine, le Japon et la Corée.
Les vertus du ginseng sont mentionnées en détail dans les plus vieux ouvrages de pharmacopée chinoise, dès le 1er siècle av. JC. Au 6ème siècle, des ouvrages de médecine chinoise, dont le Mingyibielu et le Shennong bencao-chien, décrivent la région des monts Paektu, au nord de la péninsule coréenne, comme l’une des 3 principales régions de provenance du ginseng sauvage (appelé Sansam en coréen – ginseng de montagne – sous sa forme sauvage). Au 8ème siècle, dans son ouvrage "Le Classique du Thé" (Cha Ching), le lettré chinois Lu Yu, note l’importance en qualité et en quantité de la production des royaumes coréens de Paekche, Shilla et Koryeo.
C’est entre le 1er siècle av. JC et le 7ème siècle, pendant la période des 3 royaumes coréens, que ses conditions d’utilisation sont longuement expérimentées. Les annales chinoises notent l’envoi de ginseng sauvage en Chine, au 5ème et 6ème siècle, par le royaume de Paekche et le royaume de Koguryeo. Au fil des siècles, la production coréenne confirma sa suprématie face à l’épuisement des gisements chinois de Mandchourie, de Shangdang et des monts Taixing, si bien qu’au 16ème siècle, la consommation chinoise sous la dynastie des Ming, dépendait entièrement des productions de la péninsule. Mais compte tenu de l’augmentation de la demande, les réserves de ginseng sauvages coréens s’épuisèrent également, et des archives historiques indiquent que des procédés très élaborés de culture intensive furent mis en place durant la dynastie Joseon, sous le règne du roi Sonjo au 16ème siècle. Au début du 18ème siècle, le ginseng sauvage et les procédés de culture furent introduits au Japon.
Jusqu’en 1999, étant donné la valeur du ginseng, la production en Corée du Sud et l’exportation étaient réalisées exclusivement sous le contrôle gouvernemental de la régie des tabacs et du ginseng. Taiwan et Hong Kong, 2 des plus importants marchés de consommation, ont primés ses qualités uniques à plusieurs reprises. De nos jours, en Corée, le ginseng reste très utilisé quotidiennement, en médecine traditionnelle ou moderne ; c’est également un remède très important de la médecine traditionnelle chinoise.