Thé
Civilisation

Une légende raconte qu’au 1er siècle de notre ère, une princesse indienne du royaume d’Ayodhya vit en songe le mari qui lui était destiné et demanda à ses parents la permission de partir à sa recherche. Avec leur accord, la princesse embarqua dans un bateau et cingla vers le large. A l'intérieur du bateau, qui portait voiles et pavillons rouges, étaient disposés des présents somptueux ; s'y trouvaient aussi une petite pagode, érigée par la princesse pour amadouer le dieu de l'océan, ainsi qu’un plant de thé recueilli lors d'une escale en Chine.

Au terme d'un long voyage, elle mit enfin pied sur le sol de Corée. Elle ôta son pantalon de soie et le donna en offrande avec une prière, à l'esprit de la montagne.

Puis, en l'an 49, elle épousa l'homme de son rêve, le roi Kim Suro, devenant ainsi la première reine du royaume de Kaya. Il est dit dans les chroniques anciennes que le plant de thé apporté par la princesse serait à l'origine de la culture du thé en Corée.






La culture du thé en Asie de l’est trouve son origine en Chine, il y a plus de 2500 ans. Utilisé au départ sous sa forme sauvage, comme remède traditionnel par les paysans de l’ouest de la chine, l’arbre à thé (Camellia Sinensis) s’est distingué par ses vertus toniques et stimulantes particulières. Sa culture s’est établie puis répandue vers les régions méridionales de la Chine.


Les chroniques historiques coréennes Koryeo-sagi citent le thé Neuwoncha, qui aurait été apprécié dès la période des 3 royaumes coréens, avant le 6ème siècle. Le thé alors consommé en Chine et Corée, était conditionné sous forme de briques comprimées que l’on concassait, puis que l’on faisait bouillir avec un peu de sel. Le lettré chinois Lu Yu formalise au 8ème siècle une approche simple et raffinée de l’art de boire le thé, dans son traité "Le Classique du Thé" (Cha Ching).

Avec l’arrivée au pouvoir de la dynastie des Song au 10ème siècle, le raffinement de la culture chinoise atteint de nouveaux sommets et la consommation du thé se répand parmi les classes aristocratiques et religieuses bouddhistes de la société.
Les ambassadeurs et moines des royaumes coréens se rendant à la cour impériale chinoise, ont rapporté dès le 6ème siècle, le thé et ses rites chinois, tout en les adaptant. Les anciennes chroniques officielles coréennes Samguk yusa et Samguk sagi font également état de la présence du thé et de sa popularité à la cour du royaume de Shilla.



Au 9ème siècle, un envoyé officiel du roi Heungdeok de Shilla, rapporta des graines d’arbre à thé de la cour impériale chinoise de la dynastie des Tang et les planta sur un coteau ensoleillé des monts Jiri, où l’on trouve encore de nos jours des théiers sauvages, et les plus anciennes et réputées plantations de Corée.

Durant la période du royaume de Koryeo, à partir du 10ème siècle, certains poèmes parmi les plus anciens conservés jusqu’ici, évoquent le thé. Il est dorénavant utilisé dans différentes cérémonies dont celle du Charye (offrandes aux ancêtres).



A cette époque, le thé était consommé sous forme de poudre très fine mélangée à de l’eau chaude, conformément à la tradition chinoise en usage à la cour des Song et utilisée encore de nos jours dans le Chanoyu, la cérémonie traditionnelle japonaise.
A partir du 14ème siècle, sous l’influence de la dynastie chinoise des Ming, et jusqu’à nos jours, la méthode de l’infusion des feuilles séchées se généralise en Corée.