
Tout commence au printemps dans les monts Jiri, entre les provinces du Gyeongsang et de Jeolla, au sud de la Corée. A travers gorges et forêts, les torrents de montagne gonflés par les pluies récentes, se rejoignent en grondant dans les vallées.
Au petit matin, les senteurs d’aiguilles de pins, d’armoise et de poivriers embaument l’air frais autour des temples et des villages. C’est dès les premiers jours d’avril, lorsque les toutes jeunes pousses éclosent, que la période de la récolte du thé commence en Corée …
Certaines dates traditionnelles du calendrier lunaire rythment la récolte qui devra durer moins de 2 mois, les feuilles récoltées après la fin du mois de mai ne permettant plus de produire l’intense saveur nécessaire à la réalisation d’un bon thé vert. Ainsi, les pousses récoltées avant Kok-U (vers le 20 avril) donnent le thé Woojeon, le plus fin et le plus précieux, puis avant et après Ip-Ha (vers le 6 mai), qui déterminent la production des thés Sejak et Chungjak.
Dans le département de Hadong, les qualités de la terre, de l’air et de l’eau forment un environnement exceptionnel et idéal pour la culture du thé. Sur les bas versants près des vallées, là où des plants de théiers sauvages continuent encore de pousser depuis des centaines d’années, nos producteurs fournisseurs cultivent sur de petites plantations, en pleine harmonie avec la nature et les traditions ancestrales, sans utilisation de fertilisants et de produits phytosanitaires. Certaines de ces plantations sont installées au milieu de bambouseraies afin que les feuilles de thé récoltées le matin tôt, soient encore imbibées de la rosée ruisselante des bambous, qui donnera au thé une saveur et une finesse unique.
Les feuilles de thé sont cueillies à la main, une par une. La récolte réalisée le plus souvent par des femmes de la région, exige expérience et rapidité. Les huiles complexes contenues dans les feuilles sont très sensibles à l’oxydation au contact de l’air : Pour obtenir le thé vert, le séchage des feuilles s’opère dans les heures qui suivent la récolte, dans un chaudron de métal sous un feu de bois, jusqu’à ce que les feuilles deviennent parfaitement sèches, sans être brûlées. Une oxydation plus importante avant le séchage final produira toute la gamme des thés jaunes et rouges: Kaya (Thé jaune), Oryongcha (Oolong), Hongcha (Thé rouge, "noir" en occident).
Au cours de cette opération, les feuilles sont retirées et remises au feu jusqu’à 9 fois de suite, pour être manuellement et délicatement roulées sur elles mêmes. C’est la méthode la plus courante, celle du Pucho Cha. Dans la méthode plus élaborée du Jeung Cha, les feuilles fraîches sont plongées dans de l’eau presque bouillante, puis lentement égouttées avant d’être séchées sur le feu.
Le roulage et le malaxage des feuilles se réalisent directement dans le chaudron, à une température et avec une durée savamment contrôlées.
Au printemps, les amateurs coréens de thé vert attendent avec impatience le moment de déguster les toutes nouvelles récoltes de l’année. Beaucoup de magasins spécialisés, d’hôtels ou de Tabang (maisons de thé) annoncent leurs arrivées par des logos et des publicités, comme en France, pour l’arrivée d’un vin nouveau.